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Jeu de la nouvelle

 

Cet été, La Thé Box et les éditions 10/18 ont organisé le jeu de la nouvelle, en proposant à chacun de raconter le Mystère de Hampton Road.

Disparition, trahison ou pire encore ? La tranquillité des jeunes filles se prélassant au bord de la piscine est troublante… Sommes-nous avant ou après les événements qui ont bouleversé la vie de Hampton Road ? Le mystère plane toujours… D’après vous, que s’est-il passé ? Racontez-nous Le Mystère de Hampton Road, inspiré des éléments de La Thé Box de juillet 2017, dans une nouvelle d’une page maximum.

La délibération a eu lieu courant septembre. Bravo à Violaine B. notre gagnante ! Découvrez la nouvelle passionnée et haletante qui a séduit le jury.

 

Hampton Road, Virginie, 1947,

Trois jeunes filles se prélassent en lisant au bord de la piscine. Près d’elles, un service à thé de porcelaine fine, leurs serviettes de bain colorées et un parasol qu’elles dédaignent pour profiter au maximum du soleil. Seule l’ombre douce de leur capeline les protège de l’ardeur estivale. Leur beauté, leur jeunesse arrogante sont une provocation aux années de privation qu’elles ont connues. Sophie vient de siroter une tasse de ce délicieux thé vert. Elle dérive paisiblement sur le matelas
gonflable au gré de sa rêverie. Elle soupire langoureusement tout en tournant les pages de ce roman qui l’occupe tout entière depuis deux jours. Son coeur est en paix depuis que Grace et Juliet l’ont invitée à revenir à Hampton Road.

Le temps du pardon est enfin arrivé … Pour elle, il ne s’agissait pourtant que d’une injustice à son égard. Ses deux belles soeurs n’ont eu de cesse de lui reprocher le départ de leur frère, Taylor, pour cette guerre en Europe, qui ne les concernait nullement. L’Amérique, la Virginie sont si loin de ce vieux continent poussiéreux et belliqueux. Les conflits d’idéologies qui l’enflammaient n’auraient jamais dû leur prendre leur jeune frère. Sophie n’aurait pas dû l’encourager à jouer au justicier pour une cause qui ne le concernait pas. Disparu sur les plages de Normandie en 1944, Grace et Juliet avaient chassé définitivement Sophie du domaine d’Hampton Road, contrairement à la volonté de Taylor. A bien y réfléchir, elles ne l’avaient jamais aimée, ni considérée comme un membre de leur famille, et cela dès le début. Etaient-ce ses origines françaises, ses convictions politiques teintées de rouge qui les horrifiaient ? La mort de Taylor avait été le point final qui leur avait permis d’exprimer toute la haine qu’elles avaient contenue jusqu’alors. Deux ans d’enfer qui avaient conduit Sophie à quitter Hampton Road.

Tout cela avait finalement pris fin avec une lettre reçue quelques semaines auparavant, enjoignant Sophie à revenir. Les deux soeurs exprimaient avec sincérité leur regret pour cette attitude indigne de Taylor qui, même disparu, demeure le lien familial qui les unit. Le coeur de Sophie avait bondi dans sa poitrine. Etait-ce son jour de chance ? Elle pourrait revenir dans la demeure familiale, pleine du souvenir de l’homme qu’elle a toujours aimé et des jours heureux partagés au sein de la petite communauté d’Hampton Road.

Totalement absorbée par sa lecture, elle ne prête aucune attention à ce qui l’entoure, une sorte d’atmosphère cotonneuse et lointaine, comme un halo autour des pages qu’elle tourne successivement. Au bord de la piscine, Grace et Juliet sont également captivées par leur livre. La lecture et le thé leur procurent un moment de grâce, suspendu, loin de tous les tourments…

Grace lève soudain la tête de son livre, consulte sa montre. Son regard se porte alors en direction de Sophie. Celle-ci s’est endormie sur les pages de son livre. Elle fait un signe à Juliet, qui elle aussi regarde attentivement Sophie. « Il est temps », prononce Grace, « Allons-y, courage. Elle l’aura bien mérité », poursuit Juliet en descendant dans la piscine. Les deux soeurs maintenant dans l’eau, arrachent le livre des mains de Sophie qui amorce une lente descente dans l’eau. Sophie endormie comme sous l’effet d’un sortilège, ne sent pas les mains qui la retirent du matelas gonflable. Elle ne sent pas l’eau se refermer sur ses membres, puis pénétrer lentement dans ses poumons. Elle ne voit pas non plus le sourire vengeur et victorieux se dessiner sur les lèvres rouges de ses belles soeurs. Pas
plus qu’elle ne les entend achever leur geste sur ces mots « Pour lui !».

 

La Thé Box par son design et son contenu m’a beaucoup inspirée. Pour vous donner plus de détails, voici les sources d’inspiration de mon texte à partir de la Thé Box Le Mystère d’Hampton Road.

Ce qui m’a inspirée :

  • Tout d’abord, le contenant : c’est-à-dire la boîte de la Thé Box : On voit sur l’image à l’intérieur : trois jeunes filles, alors qu’il y en a seulement deux sur l’image à l’extérieur. Cette disparition, c’est le mystère de Hampton Road qui fait l’objet de cette nouvelle.
  • Ensuite, le texte s’inspire des différents thés qui composent la Thé Box. Les noms de thés se sont glissés dans le texte (certains sont traduits en français) :
    • MEMORY : souvenir,
    • FOR HER : pour elle, FOR HIM : pour lui,
    • TAYLORS of Harrogate : Taylor,
    • GREEN TEA BERRY : thé vert,
    • Tisane des SORTILEGES : sortilège,
    • Thé de la CHANCE : chance.
  • Enfin, les suggestions de livres proposées par la thé box se sont également glissées dans le texte :
    • Le contexte de L’APRES GUERRE : en lien avec (en inversé) avec L’été AVANT LA GUERRE (il ne s’agit de plus pas de la même guerre),
    • SOPHIE : par rapport au personnage de Belgravia de Julian Fellowes,
    • GRACE : par rapport à Grace Metalious auteur de Retour à Peyton Place,
    • JULIET : par rapport à l’héroïne du Cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates (livre que j’ai adoré d’ailleurs !! une super suggestion).

Violaine B.

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